Grâce à elle, j'ai remporté un concours d'entreprise de photos qui portaient sur le thème des bonheurs d'été. On la voyait déguster - que dis-je, engloutir - une crème glacée au chocolat. Tant sa bouche, son nez que ses vêtements y goûtaient, et que cela avait l'air bon ! Elle avait à peine cinq ans...
Zoé, ma «petite» fille a maintenant douze ans et vient de vivre son premier bal de finissants qui clôt ses six années au primaire. Si des chicanes de toutes sortes ont bien sûr coloré toutes ces années - surtout la sixième année - il n'en demeure pas moins qu'elle et tous ses camarades ont fait un sacré bout de chemin ensemble dans la joie et la bonne humeur. Pas étonnant alors que les larmes ont vite monté aux yeux de ces garçons et filles quand est venu le temps de se quitter pour de bon.
Car la plupart ne se reverront plus, à moins d'un hasard au détour d'une rue ou d'une station de métro. En effet, si leur école publique (Louis-Hippolyte-Lafontaine sur la rue Berri) a su remplir toutes ses fonctions et satisfaire élèves et parents, nombreux sont ces derniers qui choisissent le privé pour le secondaire de leur progéniture. Ainsi, sur une quarantaine d'élèves, seuls cinq ou six d'entre eux poursuivent leurs études dans le public, dont peut-être trois seulement dans l'école publique du quartier (école secondaire Jeanne-Mance qui n'arrive pas à se départir d'une mauvaise réputation malgré ses nombreuses améliorations des dernières années).
Je peux les comprendre car, en tant que parents, nous cherchons tous le bien de nos enfants. Cependant, en tant que société, c'est une tournure qui me désole. Car si chacun est libre de ses choix selon ses attentes et ses moyens financiers, il n'en demeure pas moins que l'éducation publique est à l'abandon. Et, dans ce cas, je ne vois plus là de choix pour tous. Et je me désole encore plus quand mes impôts permettent entre autres de financer le choix des autres.
Une école publique de qualité jette les bases nécessaires à un tissu social sain. C'est un acteur indispensable d'un « mieux vivre ensemble ». Il est donc grand temps de lui redonner ses lettres de noblesse.
« C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule. » Michel Audiard
28 juin 2011
24 juin 2011
Bonne fête !
En ce jour de Fête nationale, je ne peux m'empêcher de penser aux propos hyper alarmistes du chef déchu du Bloc québécois, Gilles Duceppe, dans le cadre de sa dernière entrevue il y a quelques jours. « Une assimilation fulgurante menace les Québécois. » affirmait-il dans ce ton de voix éteint qui l'a toujours caractérisé...
Installée au Québec depuis trois mois en 1995, je me souviens d'avoir suivi fébrilement les résultats du référendum d'octobre. Je sentais à cette époque une véritable ferveur autour de ce sujet d'actualité qui mobilisait les «pour» et les «contre». Depuis, l'élan s'est grandement effrité et les messagers d'une catastrophe annoncée n'ont cessé de se faire entendre. Avec les résultats que l'on connaît.
Le mot « assimilation » est un mot que je déteste. Demandez donc à un immigrant établi ici depuis longtemps s'il se sent assimilé... J'en doute. Intégré, il le sera certainement, en tout cas je l'espère, en total respect des valeurs et règles de son pays d'adoption, mais sans pour cela renier ses origines, sa langue, son histoire auxquelles il est souvent très attaché et qui constituent son individualité.
Le Québec est une société distincte de par ses origines, sa langue et son histoire. Pour survivre, ses acteurs doivent se tenir en bloc, au-delà des diktats d'un parti politique. Un bloc d'hommes, de femmes et d'enfants qui évolue sur une vision d'avenir constructive, sur l'acceptation de sa place et de son rôle dans un espace géopolitique en mouvance, et sur une capacité de cultiver ses différences sans dénigrer celles des autres.
Or, que voit-on dans notre société distincte ?
Un dénigrement constant : Montréalais / Québécois, urbains / banlieusards, gens des villes / gens des régions, québécois de souche / immigrants, vieux / jeunes, intellos / peuple, francos / anglos, etc.
Un cynisme ambiant : « tous des pourris ! », « on ne peut rien y faire », « ça ne fonctionnera jamais », bla, bla, bla...
Un sentiment d'infériorité : « on est petits et on le restera.», « on l'a pas eue facile. », «ici, on n'a pas les moyens. », bla, bla, bla...
Personnellement, je ne pense pas que ce soit une fête nationale qui se déroule une fois par année qui peut changer les choses, surtout quand, dans un coin de pays, on passe plus de temps à réglementer la consommation d'alcool plutôt que la consommation de culture.
C'est chaque jour que nous devons nous retrouver et nous retrousser les manches. Et ce, sans répéter ad nauseam que c'est la faute des autres. Alors parlons, argumentons, discutons, engueulons-nous et osons. Mais surtout avançons. Car, au-delà des mots, un pays, ça se mérite et ça se construit avant tout sur le terrain.
Installée au Québec depuis trois mois en 1995, je me souviens d'avoir suivi fébrilement les résultats du référendum d'octobre. Je sentais à cette époque une véritable ferveur autour de ce sujet d'actualité qui mobilisait les «pour» et les «contre». Depuis, l'élan s'est grandement effrité et les messagers d'une catastrophe annoncée n'ont cessé de se faire entendre. Avec les résultats que l'on connaît.
Le mot « assimilation » est un mot que je déteste. Demandez donc à un immigrant établi ici depuis longtemps s'il se sent assimilé... J'en doute. Intégré, il le sera certainement, en tout cas je l'espère, en total respect des valeurs et règles de son pays d'adoption, mais sans pour cela renier ses origines, sa langue, son histoire auxquelles il est souvent très attaché et qui constituent son individualité.
Le Québec est une société distincte de par ses origines, sa langue et son histoire. Pour survivre, ses acteurs doivent se tenir en bloc, au-delà des diktats d'un parti politique. Un bloc d'hommes, de femmes et d'enfants qui évolue sur une vision d'avenir constructive, sur l'acceptation de sa place et de son rôle dans un espace géopolitique en mouvance, et sur une capacité de cultiver ses différences sans dénigrer celles des autres.
Or, que voit-on dans notre société distincte ?
Un dénigrement constant : Montréalais / Québécois, urbains / banlieusards, gens des villes / gens des régions, québécois de souche / immigrants, vieux / jeunes, intellos / peuple, francos / anglos, etc.
Un cynisme ambiant : « tous des pourris ! », « on ne peut rien y faire », « ça ne fonctionnera jamais », bla, bla, bla...
Un sentiment d'infériorité : « on est petits et on le restera.», « on l'a pas eue facile. », «ici, on n'a pas les moyens. », bla, bla, bla...
Personnellement, je ne pense pas que ce soit une fête nationale qui se déroule une fois par année qui peut changer les choses, surtout quand, dans un coin de pays, on passe plus de temps à réglementer la consommation d'alcool plutôt que la consommation de culture.
C'est chaque jour que nous devons nous retrouver et nous retrousser les manches. Et ce, sans répéter ad nauseam que c'est la faute des autres. Alors parlons, argumentons, discutons, engueulons-nous et osons. Mais surtout avançons. Car, au-delà des mots, un pays, ça se mérite et ça se construit avant tout sur le terrain.
20 juin 2011
Attention à ce que vous dites...
Je viens de prendre connaissance d'une offre d'emploi d'une importante agence de relations publiques de Montréal pour le poste d'analyste de la conversation. Aviez-vous déjà entendu parler d'une telle profession ? Quelles études faut-il entreprendre et surtout quelles qualifications faut-il démontrer pour occuper un tel poste ?
Car, voyez-vous, je doute fort que nous évoquions ici le sens noble de la recherche linguistique telle qu'énoncée par Harvey Sachs dans son analyse conversationnelle. N'oublions pas qu'il s'agit ici d'une boîte de relations publiques qui compte de grandes marques qui sont de plus en plus nombreuses à vouloir «converser» avec leurs clients actuels, mais surtout potentiels.
Ainsi, un tel poste au titre pompeux s'inscrit dans cette nouvelle donne du monde des communications de vouloir engager un dialogue ou de créer un esprit de communauté. Bref, de créer du vent pour mieux se faire entendre.
Sensible au sens des mots et de la parole, je dois avouer que je suis de plus en plus inquiète de l'utilisation décalée et à toutes les sauces du mot «conversation», tel un ingrédient indispensable à cette recette marketing nouvelle vague. Car, si l'on réfléchit bien, une conversation a toujours été une activité privée ou un moment spécial qui, souvent, réunit et anime un nombre limité de personnes autour de sujets sérieux, le tout dans une atmosphère de convivialité et de confiance.
Est-ce de cela dont on parle dans le cadre de ce poste d'analyste de la conversation ? J'en doute fort.
Car, voyez-vous, je doute fort que nous évoquions ici le sens noble de la recherche linguistique telle qu'énoncée par Harvey Sachs dans son analyse conversationnelle. N'oublions pas qu'il s'agit ici d'une boîte de relations publiques qui compte de grandes marques qui sont de plus en plus nombreuses à vouloir «converser» avec leurs clients actuels, mais surtout potentiels.
Ainsi, un tel poste au titre pompeux s'inscrit dans cette nouvelle donne du monde des communications de vouloir engager un dialogue ou de créer un esprit de communauté. Bref, de créer du vent pour mieux se faire entendre.
Sensible au sens des mots et de la parole, je dois avouer que je suis de plus en plus inquiète de l'utilisation décalée et à toutes les sauces du mot «conversation», tel un ingrédient indispensable à cette recette marketing nouvelle vague. Car, si l'on réfléchit bien, une conversation a toujours été une activité privée ou un moment spécial qui, souvent, réunit et anime un nombre limité de personnes autour de sujets sérieux, le tout dans une atmosphère de convivialité et de confiance.
Est-ce de cela dont on parle dans le cadre de ce poste d'analyste de la conversation ? J'en doute fort.
Pensée du jour
Comment se fait-il que c'est seulement lorsqu'un pont est sur le point de s'effondrer que les autorités trouvent tout à coup des moyens tout simples de bonifier les moyens de transport en commun ? Que de temps perdu...
15 juin 2011
Allez, les jeunes, à vos ordinateurs !
« Les jeunes n'écoutent pas la radio. Nous souhaitons les rejoindre là où ils sont, sur le Web. ». C'est à peu près en ces termes que la direction générale de la radio de Radio-Canada a justifié la mise au rancart des émissions jeunesse 275 Allô et Ados Radio. C'est certain qu'après 22 ans de bons et loyaux services, il était peut-être temps de rafraîchir le concept. Mais sa mort annoncée me rend vraiment triste.
Certainement parce que je l'ai écoutée dans le confort de ma cuisine pendant près de quinze ans, avant et après la naissance de ma fille. Cette ligne ouverte m'a souvent fait sourire grâce aux remarques spontanées et parfois surprenantes des tout-petits. Elle m'a ravie par les intérêts et les idées de nombreux ados qui savaient les exprimer avec éloquence. De quoi faire taire ces nostalgiques du vieux temps où les jeunes savaient se tenir...
Je pense réellement que ces émissions et particulièrement Ados Radio étaient d'intérêt général, et pas seulement pour les jeunes. Elles avaient leur place comme l'a cette émission de sport qui a pris l'antenne chaque soir de la semaine...
Dans notre société de consommation rapide d'information et de mollesse intellectuelle, la qualité de contenus passe au moulinet. Le Web est sur toutes les lèvres, partout. Il est une solution facile qui a trop bon dos.
Dans notre société pleine de contradictions qui maudit la place des ordinateurs dans la vie de nos jeunes, on leur demande justement d'y retourner pour participer à leur émission préférée plutôt que de faire entendre leurs voix.
Triste.
Certainement parce que je l'ai écoutée dans le confort de ma cuisine pendant près de quinze ans, avant et après la naissance de ma fille. Cette ligne ouverte m'a souvent fait sourire grâce aux remarques spontanées et parfois surprenantes des tout-petits. Elle m'a ravie par les intérêts et les idées de nombreux ados qui savaient les exprimer avec éloquence. De quoi faire taire ces nostalgiques du vieux temps où les jeunes savaient se tenir...
Je pense réellement que ces émissions et particulièrement Ados Radio étaient d'intérêt général, et pas seulement pour les jeunes. Elles avaient leur place comme l'a cette émission de sport qui a pris l'antenne chaque soir de la semaine...
Dans notre société de consommation rapide d'information et de mollesse intellectuelle, la qualité de contenus passe au moulinet. Le Web est sur toutes les lèvres, partout. Il est une solution facile qui a trop bon dos.
Dans notre société pleine de contradictions qui maudit la place des ordinateurs dans la vie de nos jeunes, on leur demande justement d'y retourner pour participer à leur émission préférée plutôt que de faire entendre leurs voix.
Triste.
14 juin 2011
Elle me fait suer !
C'est vrai, elle me fait suer dans les deux sens du terme ! Tant par les litres d'eau qu'elle me fait perdre que par son intransigeance à garder un rythme régulier de rencontres. De qui suis-je en train de vous parler ? De Caroline. Caroline Martineau plus précisément, entraîneur de groupes et privé et, surtout, athlète accomplie qui se prépare à vivre son premier demi Ironman à Montréal.
Je l'ai rencontrée pour la première fois il y a trois ans par l'entremise de mon amie Anabelle. Aux prises avec un surplus de poids et un grand manque d'énergie, elle m'a alors écoutée et façonné un programme personnalisé de remise en forme. Je l'ai quittée en la remerciant et en lui promettant que j'allais m'y mettre rapidement.
Je ne sais pas si «un an» signifie pour vous rapidement, mais c'est le temps que j'ai mis avant de la contacter de nouveau, bien décidée cette fois-ci à suivre son programme. Et la «torture» a commencé (d'ailleurs je l'appelle ma «tortureuse», un terme de mon cru plus significatif que tortionnaire). Trois fois par semaine, elle me rencontre à mon domicile et je me plie à ses ordres. Impossible de me dérober ... J'ai souvent pesté, râlé, résisté, presque pleuré et toujours... sué.
Deux ans plus tard, je rouspète beaucoup moins mais je sue toujours. Le plus invraisemblable est que je ne pourrais plus me passer de ma «tortureuse». Il faut dire qu'en plus d'avoir relevé avec brio le défi de me faire courir, cette boule d'énergie ambulante réussit toujours à me faire rire. Et pratiquement en même temps !
Un grand merci, Caroline.
Je l'ai rencontrée pour la première fois il y a trois ans par l'entremise de mon amie Anabelle. Aux prises avec un surplus de poids et un grand manque d'énergie, elle m'a alors écoutée et façonné un programme personnalisé de remise en forme. Je l'ai quittée en la remerciant et en lui promettant que j'allais m'y mettre rapidement.
Je ne sais pas si «un an» signifie pour vous rapidement, mais c'est le temps que j'ai mis avant de la contacter de nouveau, bien décidée cette fois-ci à suivre son programme. Et la «torture» a commencé (d'ailleurs je l'appelle ma «tortureuse», un terme de mon cru plus significatif que tortionnaire). Trois fois par semaine, elle me rencontre à mon domicile et je me plie à ses ordres. Impossible de me dérober ... J'ai souvent pesté, râlé, résisté, presque pleuré et toujours... sué.
Deux ans plus tard, je rouspète beaucoup moins mais je sue toujours. Le plus invraisemblable est que je ne pourrais plus me passer de ma «tortureuse». Il faut dire qu'en plus d'avoir relevé avec brio le défi de me faire courir, cette boule d'énergie ambulante réussit toujours à me faire rire. Et pratiquement en même temps !
Un grand merci, Caroline.
Inscription à :
Articles (Atom)