17 juin 2013

Des élections à la mairie de Montréal dans cinq mois ? Surtout pas !

Et de six. Depuis 2011, les maires de six villes québécoises ont démissionné, entachés par des allégations de corruption. La ville de Montréal n'a pas fait exception avec la démission du maire Gérald Tremblay en novembre 2012. Et ce matin, coup de théâtre, son remplaçant par intérim, Michael Applebaum a lui aussi été arrêté à son domicile et fait maintenant face à 14 chefs d'accusation. J'hésite entre mourir de honte ou rire à en pleurer. À côté de ça, admettons que la fumée de crack du maire de Toronto, c'est de la rigolade.

Dans un billet récent intitulé Un maire à Montréal, pourquoi faire ?, je me demandais si, au lieu d'un maire associé aux lignes d'un parti, Montréal ne devrait pas se doter d'une structure de gouvernement différente. Je pensais par exemple à la formation d'une coalition multidisciplinaire (comme une sorte de conseil d'administration municipal) qui veillerait aux intérêts de la ville et de ses habitants. En seraient membres des professionnels chevronnés et respectés dans leur domaines, tels qu'un financier, un spécialiste de la protection de l'environnement et du développement durable, un expert du génie civil, etc. 

Vous pensez peut-être que c'est complètement naïf et irréalisable. Vous avez certainement raison. En revanche, je suis convaincue que de lancer des élections au mois de novembre prochain - soit dans cinq mois seulement (y compris les deux mois au ralenti de juillet et août) - pour choisir un nouveau maire ou une nouvelle mairesse est absolument irréfléchi et même inutile. Alors que le monde municipal est secoué par tant de scandales, ce n'est pas un changement d'individu(s) qui va faire la différence. Il faut un changement de fond en comble dans les structures administratives de la ville et de ses arrondissements, y compris ses liens et responsabilités avec les villes limitrophes défusionnées. Combien de fois avons-nous entendu que Montréal est ingérable ? Trop de fois.  Trop d'arrondissements, trop d'élus, trop de maires qui règnent en solo, trop peu de vision commune. Bref, qui y voit suffisamment clair pour choisir le sauveur ? Hou hou, il y a quelqu'un ? Moi non plus...

Malgré leur bonne volonté - et une certaine langue de bois - ni Denis Coderre, ni Louise Harel, ni Richard Bergeron, ni Marcel Côté et encore moins Mélanie Joly ne peut être pour le moment ce leader expérimenté, fort et visionnaire dont nous rêvons tous. « Ce que veulent les citoyens de Montréal, c'est une personne honnête et intègre. » ai-je entendu de l'un d'eux. Mais c'est la moindre des choses, voyons. C'est comme si un restaurant branché se vantait d'utiliser des aliments frais. On espère bien! Ce que l'on veut entendre, c'est un programme de redressement et de renouveau en matière notamment de transport collectif.

Alors, pour paraphraser Madame Joly « qu'est-ce que Montréal a besoin ? » (sic), je dirais que ce dont Montréal a besoin pour le moment, c'est d'un grand ménage. Non non, pas un petit coup de balai. Le passage de la grosse balayeuse. 

Savez-vous que Montréal a déjà été mise sous tutelle de 1918 à 1921 ? Elle doit l'être de nouveau aujourd'hui mise sous la garde d'un chaperon non partisan, s'il vous plaît. Allez ouste les chicanes de famille et de territoire, les économies de bouts de chandelle, les incompétents, les roitelets aux cols blancs, les chefs syndicalistes qui carburent égoïstement aux acquis et freinent le mieux-vivre collectif. Pus capable ! comme on dit. À partir de maintenant, chacun et chacune doit être imputable de ses décisions et de ses actes. On dégraisse et on encaisse pour relancer enfin notre ville. Avant de penser à élire un maire, il faut absolument prendre le temps de procéder à une réorganisation complète des systèmes et procédures, de regagner la confiance des citoyens envers les institutions et de recouvrer une santé démocratique.

Vous souvenez-vous de ce titre de couverture d'un numéro du magazine MacLeans's il y a quelques années (2009) intitulé Montreal is a disaster, lequel faisait allusion à la corruption des moeurs politiques, l'état lamentable des infrastructures municipales, la dette importante de la ville, l'exode des citoyens vers les banlieues et celui des sièges sociaux vers les autres métropoles du pays. Ça vous dit quelque chose ? Ben oui, rien n'a changé. Bien au contraire. Montréal est toujours un désastre.

Et, comme je l'ai déjà souligné, on aura beau continuer à organiser des beaux festivals de jazz, des conférences hyper branchées comme C2-MTL ou des Semaines de mode de Montréal, c'est toujours le visage d'une ville désastreuse et corrompue qui fera le tour du monde une fois le masque tombé. Et ça, Montréal ne le mérite pas. Nous ne le méritons pas.

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