27 février 2013

Faut-il se débarrasser des partis politiques ?

Quelle bonne question qui mérite vraiment d'être posée!

En tout cas, elle a été au centre du dernier débat entre le regretté Stéphane Hessel et Daniel Cohn-Bendit.

« Un parti, c'est un « blindage », une armure où il n'y a plus de débats. » peut-on lire dans l'article publié dans le Nouvel Observateur Stéphane Hessel : son dernier débat avec Daniel Cohn-Bendit.

Aussi, « un parti, c'est un système refermé sur lui-même, hermétique à ce qui se passe dans la société. ».

Pas mal, non ?

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, cela me fait du bien de lire ce genre de réflexions. Elles m'inspirent, me réveillent de ma torpeur et font travailler mes méninges. Dommage que ce type de débats en profondeur, on en a que trop rarement. Cette catégorie d'échanges qui peuvent être parfois musclés - ici, je pense à des joutes oratoires de haut niveau entre personnes intelligentes qui n'ont pas forcément les mêmes opinions - on en voit peu.

« La politique, ça ne m'intéresse pas », « j'y comprends rien », « tous des corrompus » sont là des affirmations que j'entends bien trop souvent autour de moi. Comme une sorte de capitulation devant un système qui semble inébranlable tel un arbre centenaire avec ses vieilles branches. Une comparaison que j'oserais pour décrire nos partis politiques traditionnels qui semblent dépassés par les événements, qui évoluent avec des oeillères, et qui s'empêtrent dans leurs propres contradictions ou répétitions. Avec jamais rien de bien nouveau à l'horizon.

Alors, on continue de patauger dans un marasme ambiant parce que la politique, c'est trop ennuyant, compliqué et inutile. Fatigués et cyniques, on se vautre dans nos sofas moelleux à regarder de plus en plus d'émissions de variétés, de jeux populaires et de publicités dont certaines devraient faire rougir de honte certains créatifs. Le divertissement est ainsi devenu l'opium du bon peuple. Ce bon peuple qui, vous comprenez, a la vie dure dans cette course folle à gagner son pain quotidien... Il faut bien lui faire oublier ses soucis et son rythme monotone métro-boulot-dodo. Alors, il faut le divertir. Lui donner du rêve.

Le cerveau au ramolli, on se laisse gaver d'images. On devient incapables de discerner le vrai du faux, l'essentiel de l'inutile. On carbure à l'information spectacle qui nous donne l'impression d'être suffisamment mis à jour. Surtout ne pas éveiller notre esprit critique, notre pensée, et encore moins utiliser de salive pour discuter d'autres choses que de la chute de Jennifer Lawrence dans sa robe Dior aux Oscars ou de la prestation de Beyoncé au Super Bowl...

Et le pire dans tout ça, c'est que l'on forme nos enfants à cette tendance à la paresse intellectuelle. Avec de tels modèles, nul doute qu'ils carbureront eux aussi à la passivité et adopteront sans se poser de questions ce statut de spectateurs dociles plutôt que d'acteurs engagés.

Je sais, je suis un peu lourde ce soir. Attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas se divertir et se laisser aller de temps en temps. Mais j'aimerais vraiment entendre plus souvent des gens de tous horizons, visionnaires (pas forcément connus et même sans allégeance à quelque parti ou école de pensée), allumés, provocateurs, et intelligents.  Par exemple, l'émission Tout le monde en parle, trop mielleuse et souvent « plogueuse», pourrait être plus percutante et ouverte sur le monde, pas seulement sur notre petit monde. Pour ma part, j'apprécie la chaîne Matv (anciennement Vox, appellation bien plus appropriée) pour ses émissions rafraîchissantes. Une télévision plus citoyenne qui mériterait d'être accessible à un auditoire plus large.

Attention, ma quête de débats en profondeur n'est pas incompatible avec mon plaisir à regarder de temps en temps des émissions plus légères comme La Voix, Les enfants de la télé, et même L'amour est dans le pré. Si, si.

Bon, alors, on se retrouve bientôt autour d'un bon repas et d'une bouteille de vin, et on refait le monde ?

page10image16824

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire