15 janvier 2013

Où il y a de l'espoir, il y a de la vie


Il y a cette expression un peu bizarre qui est « refaire sa vie ». Il y a celle, plus emballante, « on n'a qu'une vie ! » (sous entendu, profitons-en!).  Pour ma part, je dirais que j'ai eu jusqu'à présent deux vies bien distinctes avec plusieurs chapitres. Deux vies parce que l'une a été vécue d'un côté de l'Atlantique à des âges où tout se construit, où les projets - même les plus fous - peuvent prendre forme. L'autre se vit de ce côté-ci de l'océan à des moments de ma vie où j'ai l'impression, peut-être fausse, que la folie n'a plus forcément sa place dans un cadre plus structuré où l'adulte doit travailler à assurer ses arrières ou plutôt son avenir. On a moins droit à l'erreur. Ce qui ne m'empêche pas, si je me fie aux soi-disant critères de réussite, de me considérer comme une éternelle bohème dans le coeur et dans la tête. Mais attention, toujours avec les deux pieds sur terre. Et je crois savoir d'où ça vient...

MA PREMIÈRE VIE LÀ-BAS

Premier chapitre : le petit bonheur
Je suis née dans le Nord de la France, et j' y ai vécu jusqu'à la pré-adolescence après avoir passé les toutes premières années de ma vie en caravane en raison du travail de mon père. Je changeai d'école tous les six mois d'où ma très bonne capacité d'adaptation. J'ai grandi à Wormhout, petite ville située dans les Flandres françaises tout près de la frontière belge. Si je regarde en arrière, ce furent les plus belles années de mon enfance. Puis mon père perd son emploi, nous devons quitter notre belle maison avec un grand jardin pour nous installer dans la région parisienne. Fin du 1er chapitre.

Deuxième chapitre : la révélation
Passons directement à la jeune vingtaine, sinon, j'aurai pu écrire un roman ! Je vis avec ma famille dans une ville dortoir de la banlieue de Paris qui sera le théâtre de la fin de mes études et de mon entrée sur le marché du travail. Pour la petite fille du Nord, la ville lumière si proche est une révélation. Pas question de rester en banlieue. Ma meilleure amie et moi rêvons d'habiter en son centre. Et nous y parvenons  même s'il a fallu faire des folies ! Après avoir, chacune, emprunté de l'argent à la banque, versé trois mois de loyer d'avance, obtenu et remis les nombreuses garanties de nos parents respectifs, nous emménageons enfin dans un petit appartement situé sous les toits dans le 17e arrondissement (avenue des Ternes). J'entends encore le déclic de la lourde porte cochère que je devais pousser chaque soir pour entrer dans le hall et me rendre chez moi en haut sous les toits...

Troisième chapitre : la grande séduction
Mi-vingtaine, le grand amour. Il était grand, il était beau, il sentait bon... un certain parfum Kenzo. Nous entamons une vie de couple bien rangée dans un autre appartement toujours situé dans le 17e arrondissement. La vie est belle, chacun a son boulot (j'avais la chance de travailler à dix minutes de marche de mon domicile. Un privilège que je savourais chaque jour) et nous sortions assez souvent, merci. 

Allions-nous poursuivre ce petit train-train agréable ? Bien sûr que non. Trop facile ! Il faut dire que mon amoureux était tombé en amour avec Montréal lors d'un précédent voyage et, en plus, il était particulièrement attiré par la culture américaine. Alors que j'aurais pu devenir la femme d'un fils de fermier (mon premier copain), j'avais du mal à réaliser que j'étais en train de faire des démarches pour immigrer au Canada/Québec. Nous nous marions, quittons nos emplois, payons nos impôts, vendons nos meubles, quittons famille et amis, pour finalement nous envoler vers Montréal le 9 juillet 1995 avec en poche nos papiers en règle, deux valises, notre chat, et une réservation dans un hôtel proche du Terminus d'autobus Berri. Pas de travail, pas de maison, pas d'amis.Tout sera à refaire de A à Z. J'ai 28 ans. 


MA DEUXIÈME VIE ICI

Premier chapitre : le bonheur ne dure que...
Quatre ans plus tard, une belle petite fille vient compléter le tableau. La vie a ses hauts et ses bas. Ce n'est pas parce que l'on change de pays que les soucis disparaissent, n'est-ce pas ? Il y a des joies, mais aussi des coups durs qui auront raison de la résistance de notre couple, à moins que ce ne soit cette stagnante impression de ne plus regarder dans la même direction. Le divorce sera prononcé onze ans plus tard, un 9 juillet, drôle de coïncidence... Il faut alors poursuivre la route, seule.

Deuxième chapitre : attention au mur
Je vous mentirai si la question de rester au Québec ou de repartir ne m'avait pas titillée. Mais peut-on vraiment y penser quand vous avez un enfant né ici ? Elle a depuis bien grandi et va, un jour pas si lointain, s'éloigner et voler de ses propres ailes. Autant commencer dès maintenant à me pencher sur le cas de ma petite personne. Il y a deux ans, après avoir travaillé comme une folle dans une agence où j'ai appris beaucoup et collaboré sur de beaux projets, j'ai frappé un mur et j'ai décidé de m'arrêter pour souffler, réfléchir... et écrire. Un temps d'arrêt salutaire mais qui entraîne des sacrifices; cette liberté a un prix. Tant financier que personnel car une telle transition n'est pas sans douleur ni sans de profonds doutes. Pourtant, est-ce en raison de ce début d'une nouvelle année, mais je me sens prête à vivre un nouveau chapitre de ma vie - à moins que ce ne soit une troisième vie -  à la fois emballant et stimulant et surtout avec ce petit brin de folie qui fait grandir sans trop réfléchir, que l'on ait 28 ans ou 45 ans ! On dit bien que où il y a de l'espoir, il y a de la vie.

Troisième chapitre : à suivre...

3 commentaires:

  1. Bonjour Lydie, j'ai adoré lire votre récit de vie, très palpitant et intéressant,a quand le troisième chapitre pour vous connaitre un peu plus..merci.

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  2. Bonjour, j'ai adoré votre poste, merci beaucoup.
    J'ai rejoint assez récemment le groupe LinkedQuébec et m'en félicite tous les jours. J'ai tout aussi récemment commencé à créer mon blog, ayant toujours aimé écrire...
    Tout en vous lisant, je n'ai pas pu m'empêcher de nous trouver quelques points communs, ne serait-ce que ces nombreux chapitres de vie.
    Moi, je suis encore en France mais je rêve du Canada. Un jour, peut-être, sans doute...
    Bonne continuation à vous et une très belle et longue vie !

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  3. Ne dit-on pas plutôt : « Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir » ?

    Je comprends que vous ayiez interverti les propositions. Car le fait d'espérer nous pousse en avant !

    Si je me fie à votre première vie, il vous reste encore un chapitre à terminer ici. Qui vivra, verra ! En espérant que vous décidiez à faire votre troisième vie sur votre terre d'adoption !!!

    M. Maillette

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