26 novembre 2012

C'est un fait: le fric mène le monde


« Les ventes pendant le week-end de Thanksgiving, qui marquent le coup d'envoi traditionnel des achats de Noël aux États-Unis ont atteint un nouveau record (...). Les ventes ont atteint 59,1 milliards de dollars, en hausse de près de 13% sur un an. Les consommateurs américains ont dépensé en moyenne 423 dollars ce week-end contre 398 dollars un an plus tôt. » Ou «  Les Américains ont dépensé 1 milliard de dollars pour des achats sur Internet.  ». Voilà quelques données que l'on pouvait lire dans la presse au lendemain du Black Friday.
Puisqu'il semble que nous devions suivre le modèle de nos voisins du Sud, on pouvait lire aussi que l'attrait des magasins américains en cette période de soldes, accru par les exemptions de taxes frontalières, pousse désormais les commerçants canadiens et québécois à imiter leurs homologues américains afin de retenir les clients. En plus de la frénésie consumériste du Boxing day? on a donc aussi notre Black Friday. Youpie!
Vous n'avez pas mal au cœur, vous ? Moi, j'ai la nausée. J'ai comme une impression de ne pas vivre sur la bonne planète, d'être d'un autre monde. Je me demande ce qui pousse donc un si grand nombre de personnes à se comporter comme des affamés sur des biens dont ils n'ont peut-être nul besoin dans la plupart des cas ?
Mais où sont-elles ces « dégringolades boursières  », cette « grave crise monétaire » ou cette « très probable récession » qui résonnent comme de véritables menaces sur l'échiquier géopolitique mondial déjà bien fragile ? Ne nous dit-on pas que les États-Unis sont dans le rouge, que l'Europe vacille et que le Japon faiblit ? Oui ? Alors, est-ce que quelqu'un peut m'expliquer pourquoi notre cerveau se met à off et nous devenons soudain des acheteurs compulsifs pendant ces journées que je qualifie d'attrape-nigauds.
Je suis vraiment chamboulée par ces annonces de chiffres records de ventes, comme celles du mois de septembre dernier qui annonçaient une vente de 5 millions de iPhones 5 en trois jours... Elles m'inspirent à la fois de l'incrédulité, de l'indignation et un très désagréable sentiment d'impuissance. Comment peut-on évoluer en tant que société si notre principal moteur carbure à la surconsommation ? Je sais que c'est un mot souvent utilisé dans un débat qui ne reste pourtant qu'à l'état de la parlotte. Pour ma part, je me pose régulièrement cette question. Des penseurs ésotériques pointent une quête de bonheur, de sérieux économistes visent un retour de la confiance des consommateurs, tandis que des professeurs universitaires en marketing en expliquent la genèse et les aboutissants. Cela n'arrive pas à me convaincre d'une prise de conscience prochaine.
On dit que notre printemps érable a modifié notre regard sur les enjeux qui nous concernent, ou encore qu'il y a eu un réveil de notre société. Je n'en suis vraiment pas certaine. Si nous étions vraiment réveillés, nous n'accepterions pas d'être pris pour des nigauds appâtés avec le gain de fric.
(Le terme « nous » est utilisé uniquement pour alléger le texte...).

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