16 juillet 2012

Après la F1, le Nascar: ça roule pour Montréal...

Vous connaissez certainement ce proverbe qui dit qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et bien, je vous apprends qu’il y en a parmi eux qui savent retourner leur veste de temps en temps. Mais attention, cela ne signifie pas pour autant qu’ils gagnent en intelligence…

Ainsi, nous apprenions la semaine dernière que les gouvernements du Canada et du Québec, la Ville de Montréal et Tourisme Montréal octroyaient un soutien de 800 000 $ pour le NASCAR à Montréal, qui aura lieu du 16 au 18 août au circuit Gilles-Villeneuve.  Pourtant, il y a tout juste un an, la ministre du tourisme, Nicole Ménard, avait refusé de verser le moindre sou car le promoteur n’avait pas réussi à démontrer les répercussions économiques pour le Québec, et particulièrement pour Montréal. Selon le président-directeur général de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, je cite : « cette course, qui ne revêt pas la même dimension que la Formule 1, s'impose néanmoins lorsqu'il est question de la réputation internationale de Montréal en matière de sport automobile ».

On ne s’en sortira donc jamais. Cette industrie qui rappelons-le, est un des plus importants lobbies au monde, peut ainsi continuer à s’exhiber et contrecarrer sans inquiétude toute ambition ou projet collectif et responsable de réduire les émissions de dioxyde de carbone. Après le Grand Prix de formule 1, d’autres véhicules puissants, gourmands en carburant et polluants vont pouvoir cracher leur gaz en plein nez des montréalais. Mais bon, puisque ça rapporte, on s’en fout, n’est-ce pas ? Pourquoi donc l’honorable citoyen réduirait-il l’utilisation de sa voiture alors que ses élus en vantent ses prouesses (d’autant plus que l’essence n’est vraiment pas chère en Amérique du Nord comparativement à d’autres endroits dans le monde) ?

Pourquoi monsieur Lapointe s’autorise-t-il à vouloir valoriser la réputation de Montréal en matière de sport automobile ? Est-ce bien le souhait de tous les montréalais ? Est-ce que j’ai donné mon accord à la Ville de Montréal ou au gouvernement du Québec de dépenser l’argent de mes taxes ou de mes impôts dans ce genre d’activités ? Non ! Comment se fait-il qu’il est toujours difficile de trouver quelques deniers pour restaurer un aréna ou créer des espaces sportifs ou récréatifs en ville, alors qu’ils tombent soudain du ciel sur la seule base d’une valeur marchande ?

Si vous partagez mon opinion, je vous propose de ne pas désespérer. Avez-vous lu l’article de Denis Arcand sur ce même site la semaine dernière ? Intitulé « La génération N se désintéresse de l’auto », il y expliquait une tendance à la baisse du marché automobile en raison de deux tendances démographiques : les jeunes dans la vingtaine sont moins obsédés par la mobilité automobile (N pour neutre en ce qui concerne l’auto) et les baby boomers qui prennent leur retraite ont moins de raisons de conduire. Or, ce sont les deux groupes démographiques les plus importants en Amérique du Nord.

En espérant que ces tendances soient suffisamment inquiétantes pour d’une part faire sortir les constructeurs automobiles de leur immobilisme dans lequel ils sont figés depuis trop longtemps en termes d’innovation, et encourager les élus à promouvoir l'élaboration, la fabrication et l'exploitation d'un réseau de transport collectif digne de ce nom en faisant appel à une expertise locale. Car si l’automobile est devenue un fléau dans nos cités suffocantes, sa désaffection ne doit pas être synonyme de suppression massive de postes de ses artisans, comme on vient de le voir chez Peugeot-Citroën en France. Est-ce que les constructeurs sont prêts à reconnaître que leur avenir passe maintenant par la recherche et le développement et la fabrication de nouveaux modèles de leur temps ? À suivre...

2 commentaires:

  1. Correction orthographique: "Denys Arcand" s'écrit "Denys Arcand", et pas "Denis Arcand".

    Article intéressant sinon; je ne pensais pas que les organisateurs de NASCAR demandaient de telles sommes aux pouvoirs publics; cela pose la question de la viabilité économique de ces compétitions (je passe sur les arguments écologiques et industriels).

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    1. Merci pour votre commentaire. En fait, il fallait lire ici Denis Arcand, journaliste au journal La Presse et non pas le cinéaste.

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