27 février 2012

Il suffit donc de piocher dans nos porte-monnaie ?

Je me suis enfin décidée à écrire aujourd'hui un billet sur la hausse des frais de scolarité dans les universités annoncée tout récemment par le gouvernement et rapidement contestée par les organisations estudiantines. Une augmentation de 325 $ par année sur une période de cinq ans. Pour être plus précis, actuellement, un étudiant débourse 2 415 $ pour une année universitaire à temps plein. En 2016-2017, les droits atteindront près de 3 800 $.

Je réagis non pas en tant que mère d'une fille qui vient d'entamer le secondaire et qui se retrouvera (ou pas) dans l'une des universités à Montréal. Non pas parce que j'ai eu l'occasion d'entendre deux étudiants à l'opinion diamétralement opposée hier soir à l'émission Tout le monde en parle. Non pas parce que je suis pour ou contre cette hausse des frais de scolarité qui ne me concerne pas encore mais qui m'interpelle déjà.

Non, je profite de l'actualité dans les universités pour réagir sur ce qui me semble être, depuis quelque temps, un manque flagrant de créativité de la part de nos décideurs politiques. En lieu et place de solutions, de vision pour un développement collectif sain et durable ou encore de remises en question et de mea culpa sur des erreurs de calcul ou sur des façons de faire obsolètes, on nous assène uniquement de mesures comptables.

Oh bien sûr, même si je ne suis pas une experte en bilans financiers, je sais que nos dépenses publiques sont bien trop grandes par rapport à nos moyens. L'équilibre est la règle d'or pour tout budget. Ça, je le sais assez bien, merci. Qu'il me semble que l'équilibre du budget québécois repose sur mes efforts et sur ceux de mes concitoyens, c'est ça qui m'agace de plus en plus. Bien sûr, j'ai accès à des services publics mais ceux-ci ne me semblent pas être à la hauteur du montant de taxes et impôts que je débourse (le Québec est la province la plus taxée au Canada). Que je paie toujours plus, est-ce donc la seule solution ?

Avant que l'on me demande encore et toujours de sortir mon porte-monnaie de plus en plus léger, peut-on d'abord m'expliquer les frais de gestion des hôpitaux publics de Montréal, l'organisation des administrations des commissions scolaires, le gâchis de l'ilôt Voyageur (cette aberration face à la Grande Bibliothèque), le dépassement de coûts du nouveau CHUM et ceux du train de l'Est, le fouillis administratif et décisionnel dans les mairies d'arrondissement et celle de Montréal, tous ces silos qui freinent l'efficacité organisationnelle (le temps, c'est de l'argent, non ?). J'ai le droit de savoir.

Preuve que l'on est dirigé par des comptables, cette réflexion de notre ministre des Finances, monsieur Raymond Bachand (bon, c'est vrai que c'est pas le meilleur exemple puisque dans ses fonctions, il vaut mieux être comptable...), qui a soutenu qu'un étudiant universitaire gagnera dans sa carrière plus de 200 000 dollars de plus qu'un travailleur qui n'a pas plus qu'un diplôme d'études secondaires. Sur quelle planète vit monsieur Bachand ? S'il pense à des futurs financiers, gestionnaires, ou médecins, peut-être. Mais notre société a aussi besoin d'anthropologues, de sociologues, de journalistes, d'historiens. Qu'en sera-t-il pour ceux et celles qui choisiront ces métiers en sciences humaines pas forcément bien rémunérés puisqu'ils sont assez souvent considérés de second ordre ? Comment monsieur Bachand peut-il garantir aux étudiants un métier payant alors que des crises financières peuvent venir créer le chaos ? 

C'est pas clair tout ça, et j'ai comme la désagréable impression que l'on me cache des choses, que l'on maquille la réalité. Je me sens oppressée et acculée au pied du mur. Pourtant, je serais toujours prête à sortir mon porte-monnaie si j'étais certaine que mon argent en tant que contribuable était judicieusement utilisé pour mon présent, mon avenir, et celui de la génération de ma fille et de toutes les autres qui vont en baver avec les miettes que l'on va leur laisser...

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