05 octobre 2011

Bientôt un printemps québécois ?

Avant tout, je dois vous dire que je suis ravie de constater que vous êtes nombreux à lire ce blogue, même  en dehors des frontières du Québec et d'aussi loin que la Russie, la France, l'Allemagne et l'Arabie Saoudite. J'espère que vous aimez ce que vous lisez et, à ce titre, je vous invite à me laisser vos commentaires sur les articles qui vous intéressent.

Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler du terrain politique au Québec, lequel me semble être un champ de ruines sur lequel on essaie d'entrevoir un semblant d'avenir. Alors que les seize dernières années m'ont semblé être un fleuve tranquille, les derniers mois ont fait éclore au sein de la population - reconnue pour être sage et passive - des mots comme colère, médisance, cynisme, indignation. L'étincelle ? Un rapport accablant sur des actes de collusion et de corruption dans le monde de la construction. Avec des connexions présumées avec la mafia, une gangrène qui fait son oeuvre ouvertement ici depuis des décennies.

« Tous des pourris ! » devient notre crédo quotidien. « C'est qui, tous ? », « Ben, eux, tout le monde ! ».  Et oui, tout le monde y passe, même les plus honnêtes des ingénieurs ou des entrepreneurs. Un véritable doigt accusateur dirigé vers les firmes de génie-conseil et vers le gouvernement actuel dirigé par Jean Charest. Forcément, puisqu'ils sont au pouvoir. Et, au Québec, il y en a plusieurs qui ont de la difficulté avec le pouvoir, qu'il soit économique, politique ou intellectuel.

Voici par exemple un article paru dans le journal Le Devoir la semaine dernière. Notez que celui-ci à été écrit par madame Lise Payette, féministe, écrivaine, femme politique sous le gouvernement de René Lévesque à la fin des années 70. Elle s'adresse au premier ministre, Jean Charest.

« Si j'osais, je dirais que vous avez probablement eu la vie facile jusqu'à maintenant. Je suis sûre que vous n'avez manqué de rien étant jeune et que, sans dire de vous que vous êtes né avec une cuillère d'argent dans la bouche, il est évident que vous êtes né du bon côté du chemin de fer. Encore aujourd'hui, vous paraissez plus à l'aise en habit de gala au Musée des beaux-arts de Montréal ou à l'Élysée avec vos amis Desmarais et Sarkosy qu'au milieu des inondations de la Vallée-du-Richelieu. (...). Quant à nous, les petits, les sans-grade, quand vous serez parti, nous pourrons enfin faire le ménage qui s'impose. »

Voilà le genre de discours populiste que je hais au plus haut point car il ne repose sur rien, sauf sur ce désolant argument manichéen du bien contre le mal, du bon contre le méchant, du riche contre le pauvre. Encore le discours du pauvre petit peuple opprimé...

Si je pouvais répondre à madame Payette, je lui dirais ceci :

« Non, je ne considère pas être un « petit ».
Non, je ne suis pas une sans-grade.
Non, je ne rejette pas en bloc ceux et celles qui réussissent grâce à leur labeur.
Non, je ne suis pas une victime.
Oui, je suis indignée par les écarts de richesse.
Oui, je suis révoltée par les abus en tous genres et j'espère que justice sera rendue.
Oui, je veux un vent de changement où éthique et innovation feront bon ménage.

Mais avec qui, dites-moi ? Le parti québécois affaibli et rouillé sur son concept inachevé de souveraineté ? Le parti néo-démocrate qui en est à ses premiers balbutiements au Québec ? Quel(le) est celui ou celle qui incarne véritablement ce vent de renouveau ? Des suggestions, s'il vous plaît ? ».

En fait, je pense que ce triste épisode de magouilles qui souille notre actualité devrait nous amener à une prise de conscience en tant que société et même en tant qu'individu. Car voyez-vous, je ne crois pas que la cupidité, la malice ou la malversation soit une question d'obédience politique. C'est une question de comportement et de responsabilité individuelle. Quand chacun d'entre nous parviendra à se débarrasser de cette fougue ultra-consumériste et de cette course à l'abondance quitte à vivre à crédit (et à enrichir ces banques que l'on aime tant détester), et quand nous assumerons enfin une responsabilité collective, peut-être parviendrons-nous à plus d'authenticité dans nos rapports tant humains que d'affaires.

Le pouvoir ne se trouve pas dans les hautes sphères de l'état ou des finances. Le pouvoir, il est entre nos mains, en fait dans nos actes. À nous de l'exercer dans tous les espaces qu'ils soient de parole, de consommation, d'éducation, d'art et de culture.

1 commentaire:

  1. Ah j'aime!
    Ma chère Lydie, je suis envahie par un sentiment de fierté - toi mon amie, tu as écrit ceci!! Je retrouve dans ton écriture la Lydie que j'ai à nouveau rencontrée la semaine dernière - humour et vive d'esprit, propos conçis - c'est tout Lydie.

    Concernant le fond de tes propos: je peux dire "oui c'est peut-être bête à dire (mais l'évidence est parfois peu crédible) mais ce n'est que trop vrai."

    Un super bon début!!

    Au plaisir de te lire!

    P.S: et merci pour tes corrections d'orthographe :-p

    RépondreSupprimer