17 septembre 2011

Ils m'ont lessivée...

Il y a d'abord eu ce chauffeur d'autobus qui avait dû se lever du mauvais pied qu'il n'avait certes pas sur le frein ce matin là, si bien que nous devions nous retenir à tout ce qui nous tombait sur la main. Bon, c'est un détail pas si grave en soi puisque c'est le lot d'une vie trépidante dans les transports en commun.

Par la suite, cela a commencé à se corser - terme tout à fait approprié, me direz-vous, puisqu'il s'agit de gros bras. Le rapport de l'Unité anti collusion nous confirmait en effet le niveau de corruption qui règne dans le monde de la construction. On y apprenait que les pommes pourries étaient autant des politiciens, des mafiosos, des ingénieurs que des entrepreneurs. Ce qui est désolant, c'est que ce rapport éclabousse toute une profession qui compte aussi des travailleurs, à la fois honnêtes et passionnés par leur métier.

Il y a eu aussi cette nouvelle qui m'a vraiment minée (encore un terme pas tout à fait innocemment choisi) puisque je vais vous parler de notre André national, c'est-à-dire André Boiclair. Oui, oui, celui qui a été chef péquiste et ministre de l'Environnement. En passant, saviez-vous qu'il est consultant indépendant pour la firme d'ingénierie Dessau ? Bref, André Boiclair est devenu cette semaine conseiller auprès de la compagnie albertaine Questerre Energy, un acteur important de l'industrie canadienne du gaz de schiste. Celle qui lorgne pas mal sur le Québec. Ainsi, André suit les pas de son aîné, Lucien Bouchard, qui occupe la présidence de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ). J'ose espérer que leurs nouvelles priorités leur permettent de s'assurer des intérêts de la belle province...

Enfin, et non des moindres, une autre nouvelle qui m'a terrassée : l'annonce par le Conseil du trésor de coupures de budget de l'ordre de 800 M$ dans ses ministères. Un premier choc puis un deuxième quand on apprend que ce sont les ministères de la Santé et de l'Éducation qui vont devoir serrer la ceinture. Mais le pire était à venir: ces coupures sont dues, entre autres, aux dépassements de coûts en transport (sic) et à ceux liés aux inondations en Montérégie (sic). Quoi, je vais devoir payer le prix de la cupidité de certains et de la sottise d'autres qui, pour certains, aiment l'eau de trop près, quitte à saccager l'écosystème !!!

En toute honnêteté, je suis atterrée et terriblement inquiète sur notre capacité collective à nous sortir de ce marasme. Ce qui me fascine - non, ce n'est pas le bon mot - ce qui m'effraie le plus, c'est que au sein d'un aussi petit peuple (je parle du nombre de personnes), il y ait autant de pommes pourries. Le Québec, terre d'eau, est-il en train de couler ? Quel est mon avenir et celui de ma fille dans un endroit qui ne semble pas en avoir, tant on se regarde le nombril en se disant qu'on est donc distincts et « ben » chez nous...

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